NOISE FOR VIET NAM

MOI et peut être plus

23 avril 2008

Les révolutions Orange

Gonzales - Soft Power

gonzalesL'homme aux gants blancs est de retour après quatre ans passés à produire des disques comme d'autres font des enfants cachés. Quatre années où Gonzales a convolé avec Feist, Tekilatex de TTC, Peaches, Katerine (Robots après tout c'était lui) et s'est fait discrètement rétribuer pour des travaux alimentaires avec Jane Birkin, Aznavour et le très dispensable Christophe Willem.
Autant le dire tout de suite, Gonzales a tout d'un traître : un faciès impayable, une élégance suspecte, un talent monnayable et pas d'attaches, notre homme navigue entre Berlin, Paris et Toronto. Un félon sans foi, ni loi, qui passe d'un hip-hop déjanté à un disque de piano classique en hommage à Eric Satie. Sans influences prépondérantes, Gonzales est un chien fou lancé dans ce vieux monde fragile de l'industrie du disque. Fou certes, mais savant, car il a derrière lui un imposant bagage classique. Un personnage de James Bond en somme, profondément égocentrique, doué et rancunier. Il n'a jamais pardonné à M, le jour ou celui-ci s'est invité dans une de ses jazz-jams sessions. Un mercenaire qui ne dédaigne pas sortir un disque de temps à autre, par vanité nous dirait-il. Oui, mais quel disque aujourd'hui ! Une déclaration d'amour à la soul, un disque à écouter avec son coeur et son âme, une musique vivante loin de la variété en pilotage automatique. Sans doute fallait-il une ordure de la carrure de Gonzales, pour oser sortir en 2008, un album avec des tripes : un début, un milieu, une fin. De bout en bout à l'écoute de Soft Power, trois noms viennent à l'esprit : Elton John, les Bee gees (ceux d'avant 1977) et Billy Joel. Faut- il se pincer le nez pour autant ? Trois références qui ont en commun d'être devenues les symboles du kitch des années soixante-dix, cela peut rebuter le chaland. Mais a-t-il déjà écouté Honky Chateau (1972) de ce vieux toqué d'Elton John ou Turnstiles (1976) du très banquable Billy Joel ? Probablement pas et c'est ce qui fera la différence entre la civilisation et l'imbécile des micros-trottoirs, le jour du jugement dernier.
En attendant, Gonzales a encore réussi à se réinventer. Sébastien Tellier s'était approprié le sexe dans son album du mois dernier, Gonzo renchérit en s'offrant l'amour et l'âme en avril. Grand bien nous fasse !

Gonzales - Unrequited Love

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07 mars 2008

L'amour et la violence

Sébastien Tellier - Sexuality

l_978a11308620e129dbf9f28ec7b497f9Qui aurait pu prévoir que l’arrivée de la TNT serait l’aube d’un nouvel âge d’or pour le film érotique ? En perte de vitesse chronique tout le long des années 90, cantonné à la case du dimanche soir de M6, s’aventurant parfois sur Arte, l’amateur de sucrerie érotique avait la vie dure. Mais, ils sont loin ces temps de disette et c’est tous les soirs et en trois occasions successives que nous retrouvons les histoires de détectives lubriques et de secrétaires salaces sur nos écrans. Un climat libertin qui n’aura pas manqué d’inspirer Sébastien Tellier. Génial barde des Temps modernes, Tellier fait partie de ces rares artistes qui pourraient nous faire pleurer en chantant l’annuaire. Alors, quand il est sortit des bois avec un concept album sur le sexe, coproduit par un des Daft Punk, il est devenu évident que l’érotisme tenait un nouveau chef d’œuvre. Sexuality, c’est cinquante minutes de peep-show menées par un Tellier aguicheur. Un disque composé autour de petites mélodies synthétiques lascives où Tellier acteur et réalisateur se met en scène tout en suggestivité. En effet l’érotisme, c’est le défi permanent de ne rien montrer, tout en ressentant un maximum. Un pari audacieux en ces temps de pop paillarde. Même en s’improvisant grand prêtre des préliminaires à rallonge, Sébastien Tellier reste le roi de la composition maîtrisée, posant sans complexe sa voix pleine de vibratos et de trémolos malhabiles sur des sérénades pour Sex-Shop kazakhs. Un poète égaré au Shopi, se baladant entre des textes en français d’un kitch grandiose et un rayon de soap story bourré d’amourettes entre de jeunes chirurgiens talentueux et leurs complaisantes infirmières.
N’ayons pas peur des mots, Sexuality est un véritable album masturbatoire, un disque avant tout sensuel et imaginaire. Androgyne des plaisirs, Sébastien Tellier évolue superbement dans ces climats tamisés, ne basculant jamais dans l’explicite. Le marquis de Sade aimait dire que les femmes bandent par l’oreille, avec Sexuality les hommes aussi maintenant.

Sébastien Tellier - Divine

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17 février 2008

Les amours adolescents

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30 janvier 2008

Je Veux Te Voir

Yelle – Pop Up

2037045151_049a0d8763_bAprès Bécassine, le mouvement féministe breton s’est trouvé une nouvelle représentante en la personne de Yelle, qui devrait porter haut et fort la parole des femmes libérées trégoroises jusqu'à la zone tarifaire 3 selon les tarifs de la RATP en vigueur à compter du premier septembre. Yelle alias Julie Budet quand elle ne tapine pas en fluo entre les Inrocks, Denfer-Rochereau et Technikart, est une jeune Briochine à la tête remplie d’arc-en-ciel et de candeur toute féminine. Aidée par son petit ami Grand-Marnier, elle s’est fait connaître par son Je veux te voir, qui a déboulé sur myspace comme l’héroïne dans les rues de New York. Et c’est avec cette caution de jeune provincial rigolote avec pleins de fans que personne ne connaît sur Internet, que Yelle est devenue l’appât idéal pour les pigistes sous-payés d’ Elle, Jalouse, Glamour et autres, qui se sont rués sur le filon comme des mouches sur une déjection canine (mangerbouger.fr).
Mieux encore, sentant myspace se vider comme une vieille pomme pourrie , Yelle a eu l’idée géniale d’inviter dans son clip, un groupe de jeunes danseurs cocaïnomane  initiateur de la nouvelle danse du futur de merde, aussi appelé la Tecktonik. Nouvelle ruée médiatique et sortie d’un album délicieusement appelé Pop-Up.
Un Pop-Up, c’est cette fenêtre qui vous saute à la figure sans prévenir sur internet et vous propose généralement de découvrir des merveilles pornographiques inattendues. Un peu comme Yelle, qui envahit tout votre espace et qui tout comme un pop-up tient rarement ces promesses, voir tente de vous arnaquer sur toute la ligne. Car à la différence d’une Britney Spears touchante de sincérité, Yelle se révèle une allumeuse pimbêche, le genre qui vous amène aux dernières extrémités pour vous dire au dernier moment que c’est la première fois et qu’elle ne sait pas trop.
Si l’album contient quelque jolie mise en bouche comme A cause des garçons, une reprise d’une vieillerie d’Alain Chamfort, il se traîne sur la plupart des titres dans un esprit de cour de récré, conjuguant une Lio qui aurait abusé des banana split et des textes écrits en cachette de la maîtresse, sur les garçons qui ont vraiment de drôles d’idées. Yelle se révèle être une pièce montée abondamment saupoudrée de papier glacé, pleine de factice et de toc, mais qui vous rappellera dans quelques années, votre jeunesse fraîche et insouciante sur Myspace.


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26 janvier 2008

Mathématiques Modernes

Principles Of Geometry – Lazare

735_1_LLazare est de ces disques trop intenses pour être compris à la première écoute, trop, trop élégant pour se faire aimé dès la première plage, trop beau pour être bassement désiré sans apprentissage. Jouant à fond la carte du charme lent à la Scarlett Johnson, Lazare agit sur la longueur et il faut en connaître la fin pour se délecter du début.
Œuvre de Principles of Geometry, formé de deux Lillois que l’on dit jumeau, signé sur Tigersushi, label de qualité de Joakim que le monde entier nous envie. Auteurs d’un premier album en 2005, les Principles of Geometry ont voulu prendre la tangente de la tendance lourde du moment du cut-Down disco, en reprenant les ambiances d’auréoles boréales électroniques là où les Canadiens de Boards Of Canada les avaient laissés. C’est donc dans des brouillards de synthèses que naviguent les plages de cet album. Et même quand le barde Sébastien Tellier s’invite sur “a mountain for president” pour un morceau italoluv aux accents tubesque, on ne parvient pas à se défaire de cette impression d’être shooté à l’éther montant vers les cimes en escalator. Sensation qui atteint son paroxysme sur des titres comme “charles & ray” dont les dernières notes sonnent comme l’adieu des anges alors que s’éloigne le paradis perdu. Sorti de ces moments de grâce giscardienne, Principles of geometry réussi parfaitement le grand écart en touchant le céleste d’une main et la rue de l’autre avec la présence de passage hip-hop mettant en scène Vast Aire du combo new-yorkais Cannibal OX ou encore Hangar 18.  Ces incursions assurant la  street credibility de nos deux jumeaux sonnent parfois un peu trop comme des milles feuilles hachurées au laser, tant les beats se complexifient dans des syncopes rythmiques évoquant plus un défibrillateur déréglé que le long fleuve tranquille d’un bon gros hip-hop façon Faf’ La Rage.
Principles of geometry a aussi cette rare qualité de sonner comme une B.O de John Carpenter revisitée à la sauce 2007, tant l’empreinte du maître de la vraie fausse série B est palpable. Mais à la différence des bandes originales de Carpenter souvent un brin ennuyeux sur la longueur, la musique reste au service de l’auditeur et sait nous entraîner dans des méandres d’émotions chimiques.

Principles of Geometry - Charles & Ray

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15 décembre 2007

Ma Olen Vokoderi

Tender Forever – Wider

tender_forever_coverWider (plus large), c’est un peu la définition même du coeur de cette bordelaise qui parcours le monde depuis son premier album The Soft happiness and Hardcore. Mélanie Valéra alias Tender Forever, c’est un coeur grand comme ça, où chacun a sa place, ses amours, son public, ses amis. Enregistré entre studios de passage et chambres d’hôtels, Wider est une sorte de polaroid  à double-croche d’une écorchée passionnée, se balladant de l’intisme lo-fi (I'm So Tired) et à la pop songs bricolées à chantonner à tue tête (Well I Can Take It). Mélanie convoque de petits orchestres de chambre joué sur son ordinateur portable, qu’elle accompagne à la guitare ou au ukulélé. Si parfois on peut sentir une certaine maladresse dans ce grand collage sonore, c’est toujours avec le sentiment d’une certaine sincérité que l’on en sort. Un peu comme un dessin d’enfant, trop colorié, trop direct, trop malhabile pour faire bonne figure, mais tellement touchant. C’est finalement ce qui vous fera aimer ou non cet album, raison ou sentiments. Le choix sera vite fait. Et Tender Forever vous emmènera voir du pays dans son univers aux harmonies entêtantes, prendre un grand bol d’émotions qui vous feraient presque dire tout d’un coup, « Tient, je pourrais pleurer là ».


Tender Forever : My Love (Justin Timberlake cover)

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05 décembre 2007

Tendre animal aux seins troublants

Blonde Redhead - 23

454775437_692907cd3823, c’est le chiffre de la malchance, c’est le nombre de coups de couteau que reçut César ; au dix-neuvième siècle à l’époque où Michael Jordan était le numéro 23 des Chicago Bulls, 23 signifiait se casser, prendre le large. C’est peut-être cette dernière hypothèse qu’il faut retenir pour expliquer le nom du nouvel album de Blonde Redhead. Le trio New Yorkais fuit la pop parfaite de leur précédent opus « Misery is a butterfly » qui était un délice amer dans son écrin de spleen, hautement recommandable.
Dès les premières notes d’ouverture, le La est donné. Point de violons sirupeux, point de guitares nacrées de soie des Indes, point de batterie en bois rare de Macao, mais deux doigts glissant sur les touches d’un piano de chambre, les sons se perdent dans un océan de réverbération. Blonde Redhead s’ébat cette fois dans un shoegaze romantique. Le Shoegaze étant un mouvement musical dans l’Angleterre du début des années 90 qui avait la particularité de compter dans ses rangs suffisamment d’adolescents timides pour gagner le sobriquet de « ceux qui regardent leurs chaussures ». Mais chez Blonde Redhead, la timidité n’est pas de mise, si l’on floute les contours, ce n’est pas pour se réfugier derrière, mais pour que des strates de l’étrange voix lumineuse de Kazu viennent régulièrement déchirer les brouillards de réverbération. Pendant que des cascades de guitares écumantes se déversent dans un torrent d’émotions embuées. Rien de bien révolutionnaire, Mylène Farmer a abusé de la formule, jusqu'à ce point de non-retour que fut Innamoramento et la bouillie sonore qui s’en suivit. Mais Blonde Redhead n’en n’est pas encore là et nous laisse dans cet état où les pensées charnelles refluent, où les sens cavalent bride abattue, où se perdent les hommes.

Blonde Redhead - Publisher :

 

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03 décembre 2007

Up On The Ladder

Britney Spears - Blackout

black_outComme un idéal contrepoids au nouveau Cronenberg, Britney Spears revient après 4 ans, le temps de se refaire une virginité discographique. Car « In the Zone » avait poussé un peu trop loin les limites de la D.A.D.V.* auditive. Mais rassurons nos hymens, tout se passera aussi bien qu’entre une barely legal tokyoïte et son teutonique assaillant, la douceur en moins. Je ne perdrai pas de temps à résumer les buts du retour de notre porn star préférée dans l’entertainment. Mais sachez qu’après l’achat d’un décodeur TNT, Britney a littéralement glissé dans la plus pure décadence. Elle, la Sainte Vierge, jeune maman, s’est transformée en Marie-Thérèse Spears, tentatrice de Jésus, rasée comme Paris Hilton, dansant comme une otarie strip-teaseuse. Le pitch un brin classique pour les amateurs d’érotisme, implique un album provoquant des effusions d’orgies et moult beat rythmant les saillies des fans club mondiaux de Britney. Car lecteur, sache qu’elles ont grandi et que c’est légal.
Concernant la bande-son des retrouvailles avec la fille, la plus chaude et la plus timbrée de L.A, c’est encore une fois le retour des synthés trop polyphoniques pour une simple stéréo et des rythmiques compressées pour démolir vos écouteurs d’iPod dès la première écoute. Un pur produit de studio, numérique à souhait, où l’on se demande qui chante Britney ou son producteur. Mais du moment que cela fait saturer la sono de votre gang bus. Tout est bien dans le meilleur des mondes.
Jacque Brel aimait penser que les textes c’est important, Britney confirme avec« Donne , donne-moi plus », « chaud comme la glace » et « A poil (j’ai un plan) », qui donne une teinte un peu trop moraliste, mais qui se fredonne très bien torse nu enduit d’huile et en jupe. Un disque qui devrait réveiller vos plus saints instincts de wanna-be porn star.

Britney Spears - Gimme more :

 

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28 septembre 2007

Phantom 2 in my daft punks party.

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    C’est avec une joie dissimulée que j’ai retrouvé les bancs de la Faculté. Rien ou si peu n’y avait changé, des murs multicolores aux naïades emmaillotées dans leurs coûteux ensembles. En passant par les jeunes fils de la bourgeoisie provinciale qui viennent user leurs caleçons avant de découvrir que le salut est dans n’importe quelle école de commerce à plus de deux milles euros l’année. Mais au moins auront-ils passé victorieusement ce dangereux cap des études supérieures, celui des aventures sans lendemain, des excès alcoolisés en tout genre et des estudiantines qui savent ce qu’elles veulent ; ou non, ou plutôt si, mais beau, sympa et sans esprit, quoique facile à vivre, riche, et défoncé toute la journée, et puis je n’en sais rien, je prends ce qui vient. Mais surtout j’ai pu retrouver le vieux professeur et son duel sans fin avec le vidéo projecteur.
    Il faut savoir que depuis peu, l’administration, dans un instant d’égarement, a réussi à mener à bien un projet, bien involontairement et presque contre leur volonté, quand l’on connaît leur sagacité à aller discuter le bout de gras dans le bureau d’à côté en laissant le post-it « En réunion » à celui qui voudrait débattre d’un accessoire point juridique sur la possibilité d’avoir son année.
    Cette erreur, cette monstruosité, sortit probablement d’une réunion qui aurait dérapé en séance de travail consiste en l’achat de rutilants vidéo projecteurs. Certain y verront la projection dans le troisième millénaire de l’enseignement, d’autres l’élément technologique le plus avancé dans les salles de cours après l’interrupteur. Mais si le corps enseignant est depuis Pétain formé en école Normale au maniement de l’interrupteur, il en va tout autrement de nos maîtres-conférences, bardés de diplômes et sentant encore la sueur des vieilles joutes intellectuelles des années quatre-vingts. Ils sont encore légions dans cette crème de la pensée française à n’avoir toujours pas fait le rapprochement entre le volume sonore de leur micro et l’horrible sifflement strident qui ponctue chacune de leurs interventions au micro.
    Je tiens aujourd’hui à vous présenter un de leur représentant, bon pied, bon œil, à l’air malicieux et la moustache grisonnante qui se fait joie de nous conter ses folles épopées sur les chantiers de fouilles de l’Est de la France. Mais si dans la poussière de la terre Alsace ou devant un petit Gewurztraminer de 1981 (cuvée aigre rose), notre homme n’a pas son pareil pour faire preuve d’une science exquise qui fait honneur à l’université française. Il en va tout autrement face à la machine diabolique que l’administration a enchaînée face à lui, de peur qu’il s’en débarrasse trop promptement ou qu’un quidam croit bon d’emprunter l’engin en ces temps de coupe du monde de Rugby.
    J’ai eu l’honneur d’être poster prés de la satanique machinerie et d’observer de prés le combat matinal du vieil érudit. Après avoir tenté tout ce qu’il était possible pour retarder l’échéance de la joute, il a bien fallu se rapprocher de la bête pour livrer cour, et c’est en marmonnant d’improbables litanies qu’un non averti aurait pu aisément confondre avec «  scrogneugneu il va falloir mettre en marche l’autre machin » que l’homme de lettre et de science s’est avancé un tendant puissamment devant lui la télécommande, prêt a frapper la vile sorcellerie high-tech, tel un guerrier des temps modernes. Il faut savoir que le démon a besoin d’un temps de préchauffage avant de cracher son spectacle de lumière infernale, mais rien ne l’indique, et c’est berné par ce stratagème ingénieux que tout en s’approchant de la bête à petits pas, agile comme peut l’être un petit homme moustachu dans la force de la cinquantaine, que notre historien de la chose antique maudit la saloperie japonaise en l’éteignant et la  rallumant compulsivement. Quand finalement, assez proche pour porter estocade, alors que l’appareil toujours sans la moindre lueur enchanteresse refuse d’obéir à la volonté d’un maître de conférence assermenté, chose qui ne s’était pas vue dans l’université française depuis mai 1968. Il a une idée de génie, le coup de l’interrupteur justement ! ll va trouver le fichu bouton et appliquer le manuel du parfait enseignant « presser le bouton et attendre que la lumière soit, la magie de la Cinquième République fera le reste ». Mais peine perdue, la fourberie asiatique ne se laisse pas faire et n’entend rien a ces hautes coutumes républicaines. Le petit homme devenu tout d’un coup un modèle de modestie et ce sachant observé par tout un amphithéâtre qui a fait le déplacement pour le voir livrer ce duel matinal avec la technologie, s’en retourne à son estrade et tente un coup d’esbroufe comme on en avait pas vu depuis Claude Allégre déclarant ne pas croire a la théorie du réchauffement de la planète. Alors que n’importe quel pilier de comptoir vous le dira « y a plus de saisons ». Mais laissons s’illustrer la grande recherche française et revenons à notre bonhomme qui nous annonce qu’il va faire tout un cour d’Archéologie antique illustré à l’aide de force exemples que devront s’imaginer la bande de boutonneux prépubéres et de bécasses fardées saucinonnées dans leur Levi’s. Un défi qui force l’admiration autant que d’apprendre l’œuvre du père Hugo au verset près ou le Coran.
    Mais alors que tout est perdu, le destin nous rattrape simple mortel que nous sommes tous. Et le vidéo projecteur se met a bleuir de désir pour les délicates photos de vieilles pierres garanties d’époque par la magie des fouilles financées par les impôts du contribuable. La Providence vient de se lever, il est 8 h 17 du matin. Feignasse va !

humeur du moment : Phantom 2 par Soulwax Nite

 

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12 août 2007

Adieu Tony

So_It_Goes1
Rest.In.Peace. Tony Wilson

New Order - Here to Stay

 

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