NOISE FOR VIET NAM

MOI et peut être plus

28 septembre 2007

Phantom 2 in my daft punks party.

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    C’est avec une joie dissimulée que j’ai retrouvé les bancs de la Faculté. Rien ou si peu n’y avait changé, des murs multicolores aux naïades emmaillotées dans leurs coûteux ensembles. En passant par les jeunes fils de la bourgeoisie provinciale qui viennent user leurs caleçons avant de découvrir que le salut est dans n’importe quelle école de commerce à plus de deux milles euros l’année. Mais au moins auront-ils passé victorieusement ce dangereux cap des études supérieures, celui des aventures sans lendemain, des excès alcoolisés en tout genre et des estudiantines qui savent ce qu’elles veulent ; ou non, ou plutôt si, mais beau, sympa et sans esprit, quoique facile à vivre, riche, et défoncé toute la journée, et puis je n’en sais rien, je prends ce qui vient. Mais surtout j’ai pu retrouver le vieux professeur et son duel sans fin avec le vidéo projecteur.
    Il faut savoir que depuis peu, l’administration, dans un instant d’égarement, a réussi à mener à bien un projet, bien involontairement et presque contre leur volonté, quand l’on connaît leur sagacité à aller discuter le bout de gras dans le bureau d’à côté en laissant le post-it « En réunion » à celui qui voudrait débattre d’un accessoire point juridique sur la possibilité d’avoir son année.
    Cette erreur, cette monstruosité, sortit probablement d’une réunion qui aurait dérapé en séance de travail consiste en l’achat de rutilants vidéo projecteurs. Certain y verront la projection dans le troisième millénaire de l’enseignement, d’autres l’élément technologique le plus avancé dans les salles de cours après l’interrupteur. Mais si le corps enseignant est depuis Pétain formé en école Normale au maniement de l’interrupteur, il en va tout autrement de nos maîtres-conférences, bardés de diplômes et sentant encore la sueur des vieilles joutes intellectuelles des années quatre-vingts. Ils sont encore légions dans cette crème de la pensée française à n’avoir toujours pas fait le rapprochement entre le volume sonore de leur micro et l’horrible sifflement strident qui ponctue chacune de leurs interventions au micro.
    Je tiens aujourd’hui à vous présenter un de leur représentant, bon pied, bon œil, à l’air malicieux et la moustache grisonnante qui se fait joie de nous conter ses folles épopées sur les chantiers de fouilles de l’Est de la France. Mais si dans la poussière de la terre Alsace ou devant un petit Gewurztraminer de 1981 (cuvée aigre rose), notre homme n’a pas son pareil pour faire preuve d’une science exquise qui fait honneur à l’université française. Il en va tout autrement face à la machine diabolique que l’administration a enchaînée face à lui, de peur qu’il s’en débarrasse trop promptement ou qu’un quidam croit bon d’emprunter l’engin en ces temps de coupe du monde de Rugby.
    J’ai eu l’honneur d’être poster prés de la satanique machinerie et d’observer de prés le combat matinal du vieil érudit. Après avoir tenté tout ce qu’il était possible pour retarder l’échéance de la joute, il a bien fallu se rapprocher de la bête pour livrer cour, et c’est en marmonnant d’improbables litanies qu’un non averti aurait pu aisément confondre avec «  scrogneugneu il va falloir mettre en marche l’autre machin » que l’homme de lettre et de science s’est avancé un tendant puissamment devant lui la télécommande, prêt a frapper la vile sorcellerie high-tech, tel un guerrier des temps modernes. Il faut savoir que le démon a besoin d’un temps de préchauffage avant de cracher son spectacle de lumière infernale, mais rien ne l’indique, et c’est berné par ce stratagème ingénieux que tout en s’approchant de la bête à petits pas, agile comme peut l’être un petit homme moustachu dans la force de la cinquantaine, que notre historien de la chose antique maudit la saloperie japonaise en l’éteignant et la  rallumant compulsivement. Quand finalement, assez proche pour porter estocade, alors que l’appareil toujours sans la moindre lueur enchanteresse refuse d’obéir à la volonté d’un maître de conférence assermenté, chose qui ne s’était pas vue dans l’université française depuis mai 1968. Il a une idée de génie, le coup de l’interrupteur justement ! ll va trouver le fichu bouton et appliquer le manuel du parfait enseignant « presser le bouton et attendre que la lumière soit, la magie de la Cinquième République fera le reste ». Mais peine perdue, la fourberie asiatique ne se laisse pas faire et n’entend rien a ces hautes coutumes républicaines. Le petit homme devenu tout d’un coup un modèle de modestie et ce sachant observé par tout un amphithéâtre qui a fait le déplacement pour le voir livrer ce duel matinal avec la technologie, s’en retourne à son estrade et tente un coup d’esbroufe comme on en avait pas vu depuis Claude Allégre déclarant ne pas croire a la théorie du réchauffement de la planète. Alors que n’importe quel pilier de comptoir vous le dira « y a plus de saisons ». Mais laissons s’illustrer la grande recherche française et revenons à notre bonhomme qui nous annonce qu’il va faire tout un cour d’Archéologie antique illustré à l’aide de force exemples que devront s’imaginer la bande de boutonneux prépubéres et de bécasses fardées saucinonnées dans leur Levi’s. Un défi qui force l’admiration autant que d’apprendre l’œuvre du père Hugo au verset près ou le Coran.
    Mais alors que tout est perdu, le destin nous rattrape simple mortel que nous sommes tous. Et le vidéo projecteur se met a bleuir de désir pour les délicates photos de vieilles pierres garanties d’époque par la magie des fouilles financées par les impôts du contribuable. La Providence vient de se lever, il est 8 h 17 du matin. Feignasse va !

humeur du moment : Phantom 2 par Soulwax Nite

 

Posté par ibrendan à 22:23 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Excellent cet article ! Ca nous donne une bonne vue de l'ensemble ! Et je parle en tant qu'estudiantine qui sait ce qu'elle veut, ou plutôt pas, mais si, mais peut-être pas, refourgée pour y trouver le salut, dans une école de commerce à deux mille euros et quelques l'année (un peu plus, en fait) - et j'ai plus de cours en amphi, ça me manque !

Posté par zazoublue, 24 octobre 2007 à 15:55

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