15 décembre 2007
Ma Olen Vokoderi
Tender Forever – Wider
Wider (plus large), c’est un peu la définition même du coeur de cette bordelaise qui parcours le monde depuis son premier album The Soft happiness and Hardcore. Mélanie Valéra alias Tender Forever, c’est un coeur grand comme ça, où chacun a sa place, ses amours, son public, ses amis. Enregistré entre studios de passage et chambres d’hôtels, Wider est une sorte de polaroid à double-croche d’une écorchée passionnée, se balladant de l’intisme lo-fi (I'm So Tired) et à la pop songs bricolées à chantonner à tue tête (Well I Can Take It). Mélanie convoque de petits orchestres de chambre joué sur son ordinateur portable, qu’elle accompagne à la guitare ou au ukulélé. Si parfois on peut sentir une certaine maladresse dans ce grand collage sonore, c’est toujours avec le sentiment d’une certaine sincérité que l’on en sort. Un peu comme un dessin d’enfant, trop colorié, trop direct, trop malhabile pour faire bonne figure, mais tellement touchant. C’est finalement ce qui vous fera aimer ou non cet album, raison ou sentiments. Le choix sera vite fait. Et Tender Forever vous emmènera voir du pays dans son univers aux harmonies entêtantes, prendre un grand bol d’émotions qui vous feraient presque dire tout d’un coup, « Tient, je pourrais pleurer là ».
Tender Forever : My Love (Justin Timberlake cover)
05 décembre 2007
Tendre animal aux seins troublants
Blonde Redhead - 23
23, c’est le chiffre de la malchance, c’est le nombre de coups de couteau que reçut César ; au dix-neuvième siècle à l’époque où Michael Jordan était le numéro 23 des Chicago Bulls, 23 signifiait se casser, prendre le large. C’est peut-être cette dernière hypothèse qu’il faut retenir pour expliquer le nom du nouvel album de Blonde Redhead. Le trio New Yorkais fuit la pop parfaite de leur précédent opus « Misery is a butterfly » qui était un délice amer dans son écrin de spleen, hautement recommandable.
Dès les premières notes d’ouverture, le La est donné. Point de violons sirupeux, point de guitares nacrées de soie des Indes, point de batterie en bois rare de Macao, mais deux doigts glissant sur les touches d’un piano de chambre, les sons se perdent dans un océan de réverbération. Blonde Redhead s’ébat cette fois dans un shoegaze romantique. Le Shoegaze étant un mouvement musical dans l’Angleterre du début des années 90 qui avait la particularité de compter dans ses rangs suffisamment d’adolescents timides pour gagner le sobriquet de « ceux qui regardent leurs chaussures ». Mais chez Blonde Redhead, la timidité n’est pas de mise, si l’on floute les contours, ce n’est pas pour se réfugier derrière, mais pour que des strates de l’étrange voix lumineuse de Kazu viennent régulièrement déchirer les brouillards de réverbération. Pendant que des cascades de guitares écumantes se déversent dans un torrent d’émotions embuées. Rien de bien révolutionnaire, Mylène Farmer a abusé de la formule, jusqu'à ce point de non-retour que fut Innamoramento et la bouillie sonore qui s’en suivit. Mais Blonde Redhead n’en n’est pas encore là et nous laisse dans cet état où les pensées charnelles refluent, où les sens cavalent bride abattue, où se perdent les hommes.
03 décembre 2007
Up On The Ladder
Britney Spears - Blackout
Comme un idéal contrepoids au nouveau Cronenberg, Britney Spears revient après 4 ans, le temps de se refaire une virginité discographique. Car « In the Zone » avait poussé un peu trop loin les limites de la D.A.D.V.* auditive. Mais rassurons nos hymens, tout se passera aussi bien qu’entre une barely legal tokyoïte et son teutonique assaillant, la douceur en moins. Je ne perdrai pas de temps à résumer les buts du retour de notre porn star préférée dans l’entertainment. Mais sachez qu’après l’achat d’un décodeur TNT, Britney a littéralement glissé dans la plus pure décadence. Elle, la Sainte Vierge, jeune maman, s’est transformée en Marie-Thérèse Spears, tentatrice de Jésus, rasée comme Paris Hilton, dansant comme une otarie strip-teaseuse. Le pitch un brin classique pour les amateurs d’érotisme, implique un album provoquant des effusions d’orgies et moult beat rythmant les saillies des fans club mondiaux de Britney. Car lecteur, sache qu’elles ont grandi et que c’est légal.
Concernant la bande-son des retrouvailles avec la fille, la plus chaude et la plus timbrée de L.A, c’est encore une fois le retour des synthés trop polyphoniques pour une simple stéréo et des rythmiques compressées pour démolir vos écouteurs d’iPod dès la première écoute. Un pur produit de studio, numérique à souhait, où l’on se demande qui chante Britney ou son producteur. Mais du moment que cela fait saturer la sono de votre gang bus. Tout est bien dans le meilleur des mondes.
Jacque Brel aimait penser que les textes c’est important, Britney confirme avec« Donne , donne-moi plus », « chaud comme la glace » et « A poil (j’ai un plan) », qui donne une teinte un peu trop moraliste, mais qui se fredonne très bien torse nu enduit d’huile et en jupe. Un disque qui devrait réveiller vos plus saints instincts de wanna-be porn star.
Britney Spears - Gimme more :