NOISE FOR VIET NAM

MOI et peut être plus

30 janvier 2008

Je Veux Te Voir

Yelle – Pop Up

2037045151_049a0d8763_bAprès Bécassine, le mouvement féministe breton s’est trouvé une nouvelle représentante en la personne de Yelle, qui devrait porter haut et fort la parole des femmes libérées trégoroises jusqu'à la zone tarifaire 3 selon les tarifs de la RATP en vigueur à compter du premier septembre. Yelle alias Julie Budet quand elle ne tapine pas en fluo entre les Inrocks, Denfer-Rochereau et Technikart, est une jeune Briochine à la tête remplie d’arc-en-ciel et de candeur toute féminine. Aidée par son petit ami Grand-Marnier, elle s’est fait connaître par son Je veux te voir, qui a déboulé sur myspace comme l’héroïne dans les rues de New York. Et c’est avec cette caution de jeune provincial rigolote avec pleins de fans que personne ne connaît sur Internet, que Yelle est devenue l’appât idéal pour les pigistes sous-payés d’ Elle, Jalouse, Glamour et autres, qui se sont rués sur le filon comme des mouches sur une déjection canine (mangerbouger.fr).
Mieux encore, sentant myspace se vider comme une vieille pomme pourrie , Yelle a eu l’idée géniale d’inviter dans son clip, un groupe de jeunes danseurs cocaïnomane  initiateur de la nouvelle danse du futur de merde, aussi appelé la Tecktonik. Nouvelle ruée médiatique et sortie d’un album délicieusement appelé Pop-Up.
Un Pop-Up, c’est cette fenêtre qui vous saute à la figure sans prévenir sur internet et vous propose généralement de découvrir des merveilles pornographiques inattendues. Un peu comme Yelle, qui envahit tout votre espace et qui tout comme un pop-up tient rarement ces promesses, voir tente de vous arnaquer sur toute la ligne. Car à la différence d’une Britney Spears touchante de sincérité, Yelle se révèle une allumeuse pimbêche, le genre qui vous amène aux dernières extrémités pour vous dire au dernier moment que c’est la première fois et qu’elle ne sait pas trop.
Si l’album contient quelque jolie mise en bouche comme A cause des garçons, une reprise d’une vieillerie d’Alain Chamfort, il se traîne sur la plupart des titres dans un esprit de cour de récré, conjuguant une Lio qui aurait abusé des banana split et des textes écrits en cachette de la maîtresse, sur les garçons qui ont vraiment de drôles d’idées. Yelle se révèle être une pièce montée abondamment saupoudrée de papier glacé, pleine de factice et de toc, mais qui vous rappellera dans quelques années, votre jeunesse fraîche et insouciante sur Myspace.


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26 janvier 2008

Mathématiques Modernes

Principles Of Geometry – Lazare

735_1_LLazare est de ces disques trop intenses pour être compris à la première écoute, trop, trop élégant pour se faire aimé dès la première plage, trop beau pour être bassement désiré sans apprentissage. Jouant à fond la carte du charme lent à la Scarlett Johnson, Lazare agit sur la longueur et il faut en connaître la fin pour se délecter du début.
Œuvre de Principles of Geometry, formé de deux Lillois que l’on dit jumeau, signé sur Tigersushi, label de qualité de Joakim que le monde entier nous envie. Auteurs d’un premier album en 2005, les Principles of Geometry ont voulu prendre la tangente de la tendance lourde du moment du cut-Down disco, en reprenant les ambiances d’auréoles boréales électroniques là où les Canadiens de Boards Of Canada les avaient laissés. C’est donc dans des brouillards de synthèses que naviguent les plages de cet album. Et même quand le barde Sébastien Tellier s’invite sur “a mountain for president” pour un morceau italoluv aux accents tubesque, on ne parvient pas à se défaire de cette impression d’être shooté à l’éther montant vers les cimes en escalator. Sensation qui atteint son paroxysme sur des titres comme “charles & ray” dont les dernières notes sonnent comme l’adieu des anges alors que s’éloigne le paradis perdu. Sorti de ces moments de grâce giscardienne, Principles of geometry réussi parfaitement le grand écart en touchant le céleste d’une main et la rue de l’autre avec la présence de passage hip-hop mettant en scène Vast Aire du combo new-yorkais Cannibal OX ou encore Hangar 18.  Ces incursions assurant la  street credibility de nos deux jumeaux sonnent parfois un peu trop comme des milles feuilles hachurées au laser, tant les beats se complexifient dans des syncopes rythmiques évoquant plus un défibrillateur déréglé que le long fleuve tranquille d’un bon gros hip-hop façon Faf’ La Rage.
Principles of geometry a aussi cette rare qualité de sonner comme une B.O de John Carpenter revisitée à la sauce 2007, tant l’empreinte du maître de la vraie fausse série B est palpable. Mais à la différence des bandes originales de Carpenter souvent un brin ennuyeux sur la longueur, la musique reste au service de l’auditeur et sait nous entraîner dans des méandres d’émotions chimiques.

Principles of Geometry - Charles & Ray

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